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Groupe de discution sur le terme "proféminisme" Dimanche 27 mars 2005 de 10h à midi
Nombre de participants : 7
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(1) J'ai entendu parler dans un texte, ou par quelqu'un-e qu'on ne peut pas être homme et féministe. Je ne pense pas pouvoir me définir comme "féministe", ni "proféministe" alors ce terme ne me touche pas vraiment.
(2) Cette definition ci-dessus. Sens péjoratif. On ne demande pas l'avis des hommes. Au mieux, ils sont profé pour dire qu'ils ne sont pas antifé. Mais ça ne prend pas en compte ce que les h peuvent faire, ex de l'anti masculinisme.
(3) OK avec ça. Mais différents niveaux de féminisme. id pour le profé, id pour les façons d'être homme profé : niveau de l'organisation formelle, niveau de propagation des idées, niveau perso. Avant, il me semblait évident que tout le monde était féministe. Récente prise de conscience de l'antifé de mes proches, même parmi certaines femmes qui se battent. Mais je ne suis pas sûr d'être profé.
(4) Terme peu utilisé et peu connu. "Féminisme" est déjà galvaudé. "Profé" serait une lutte entre mecs. Je ne sais pas l'origine du mot, créé par des hommes qui prennent part aux luttes féministes ( par des femmes pour les femmes), qui ont une démarche théorique et pratique, militante. A priori, vu comme positif par les féministes. Par ex, Daniel Welzer-Lang avait écrit un texte ou il expliquait sa definition. Repris par certain mecs en France, mi-90 jusqu'à maintenant. Depuis pas très longtemps, dans le milieu anar-squat et féministe radical, utilisation péjorative : ce serait un truc de façade, pour se donner bonne conscience. Coséquences dans le milieu : terme dévalorisé ( les sales proféministes, les profé de merde). A Grenoble, personne ne défend cette étiquette, mais on nous la colle quand même. Pour un mec, ce serait une démarche active de déconstruction et un soutien aux luttes des femmes. J'ai proposé cette discut : ce terme est-il toujour interessant?, ou décalé avec nos démarches?
(5) Plut ds une vision péjorative du terme, en écoutant des féministes. J'ai fait un mémoire de socio sur des fém rad à Dijon et Lyon : idée de façade, truc déguisé pour re prendre le controle du fém. Maintenant, j'ai une vision toujours péj, mais pense en diférents niveaux. Mais ça reste au + près des discours des fém : on ne va pas s'autoriser à produire notre discours propre.
(6) Pose la question et la dificulté de l'autodéfinition. Image négative de DWL dans le milieu anar-squat et universitaire. Le groupe de discut non mixte hommes de toulouse préfère le terme "anti-patriarcat" qui me semble moins chargé. Pas sûr que le terme profém puisse corespondre à une démarche active.
(7) Coment se qualifie-t-on? Dans ma mémoire/vie impression, quand j'ai découvert le fém, je ne savais pas comment me positionner. Idée à un moment de pouvoir tout juger de manière objective. Mais coscience d'une subjectivité/place de dominant. Jusqu'à un certain point, je pensais avoir du recul avec les fém. Mais idée que je ne pouvais comprendre les subjectivité des femmes. Profém : solidarité de principe, accepter de mettre en suspend son avis par rapport au fém, et de s'allier aux femmes. C'était il y a des années. "je comprends pas, OK, mais je soutiens". le terme profé est péj pour mes proches : ce serait parler à la place des femmes pour qu'elles se libèrent. Utilisation du fém pour se valoriser, pour les séduire. Derrière, idée d'apathie, de pas lutter pour soi, de pas se mettre en danger, d'observer les changements chez les autres. Image typique : type hétéro qui parle bien : les chef hétéro dans nos milieux, comme moi. derrière, le terme renvoie aux gens qui ont une approche théorique/universitaire, qui sont capable de mieux expliquer que les femmes aux femmes les théories fém, alors qu'ils sont moins concernés. souvent ce qui est opposé, c'est le queer : qu'on en finisse avec les catégories ho/fe, considérer pluseurs catégories, voire le changement. Mais est décrié car met de coté des rappors de domination, la deconstruction masculine, les constructions genrées. Donc deux démarches : je ne sais pas comment me placer, je ne sais pas si on a besoin d'un sigle.
(4) Qu'est ce qui serait positif? A Dijon et paris ce terme m'a touché, dans une démarche active dans mes relation sociales. C'est qque chose dans lequel on peut se retrouver indépendemment du terme. Demarche ind et coll : remetre en question les rapports hiérarchique dans les groupes, se penser différemment dans la vie de tout les jours, répartition des taches ( du netoyage des chiotes à l'écriture d'un texte dans le squat), etc. Question approfondie à travers mes lectures, expériences, et qui sont positives, traversent le profé. Ca touche la sexualité, l'intime, ça aide à se construire différemment, à vivre mieux avec les ho et les fe. Tout ça est lié au proféminisme. Les aspects neg énoncés, ce sont les travers dans lesquels j'ai pu tomber.Mais j'ai pas bcp l'impression que j'ai pu parler en tant que mec. J'ai l'impression que si on n'était pas là, le milieu ne serait pas aussi vivable. OK, c'est séduisant pour les fe du milieu, c'est pas forcément de manière active de notre part : plus une image, à peu près inévitable. Donc qu"est ce qu'on fait de ça, ça nous a mené vers un truc assez malsain : "ces mecs là ne sont pas sincères, c'est pour metre des fe dans leur lit". Caricature. c'est pas constructif pour avancer en tant que mec. Cette caricature là, c'est un truc qui sort des fois. Ca me bloque pour avancer parce que ça me semble en décalage avec ma vie. J'aimerai qu'il n'y ai pas négation des trucs positifs.
(3) Sentiment que notre action est plus un travail sur soi que de dénoncer les choses chez les autres. Les filles que je connaît n'ont pas besoin de moi pour s'émanciper. Je ne sais pas quoi faire par rapport à des femmes qui ne sont pas conscientes, comment entamer un dialogue sur le genre.
(4) Choses positives pour contrebalancer les choses négatives: la façon dans mes rapports avec les mecs, au fil des années, de partager de l'intime avec des ami-e-s proches sans que ce soit vécu comme un effort. Impresion que ça faisait partie intégrante des questions de genre, du profém. Donc des choses riches même si pas abouties, idée d'aller plus en profondeur. A près, question de l'hétérosexualité, liée au terme profém: dans le mouvement, Bang-Bang, il y avait des mecs homo/profém au début, donc ça n'a pas été qu'une démarche hétéro. La question estc que j'éprouve peu ou pas de désirs sexuels pour les mecs. Je ne me dis pas "Oula, mon dieu, j'arrive pas à être pédé". Je ne veux pas me forcer, être un martyr, même si je veux avoir une réflexion sur l'intime. Epanouissement notamment dans ma sexualité avec des femmes fém. Même retrait, attente dans mes désirs donc ce n'est pas forcément un épanouissement. Création d'un décalage, notamment dans ma sexualité avec des femmes non-fém. Du coup, je deviens comme un extraterrestre. Formaté pour avoir des relations avec des fém. Pas une sexualité apte à avoir le plus de femmes dans mon lit. Construction dans une norme différente, de difficultés à echanger, à partager ça avec des gens qui ne sont pas cette démarche.
(5) Points positifs, j'en ai vu au tout début. Le spremiers groupes de mecs à Dijon se revendiquaient profém. Moi, j'avais la démarche de me cacher derrière/de reprendre les discours féministes. Pour moi, il fallait se décentrer du terme fém. J'ai vite arrêté de me penser comme profém. A écouter (4), je sais pourquoi j'ai rejetté le terme. Interactions avec des fém puis avec des non-fém qui m'ont fait des critiques qui ne me permettaient pas de contre-attaquer pour les démonter. ex: "Super pratique pour draguer". Dans les faits, dans ces milieux non-fém, peut-être q'il y avait plus de filles qui m'écoutaient, mais je le faisais parce que je croyais à ma démarche.
(7) Tu y vois plus de pb dans ns milieux?
(5) Réception moins importante, moins directement visible. Depuis un an dans mon groupe d'amis, je ne suis plus monrté du doigt. J'étais désigné comme LE profém de mon groupe. Maintenant ça a changé, je ne suis plus le seul à réagir. Dans le milieu anar-squat, l'écoute est moins facile, volonté d'expérimenter. Je n'ai pas pu expérimenter d'autres rapports entre mecs dans mon réseau d'amis. Je vois moins de trucs positifs, plus de critiques.
(7) Toi, tu t'es créé une autre réflexion que profém ? Elle est pas adaptée ?
(5) J'ai plus d'aversion pour le terme. La définition donnée par (4) me convient plus, mais je ne me définissait pas comme ça, plutôt comme anti-masculiniste (cf. texte de Léo "Penser les rapports sociaux de sexes ..." dans Nouvelles Questions Féministes). Je me disais dans une démarche fém. Idée de créer un discours propre à nous, de personnes qui sont dans un discours de dominant. Comment on se positionne par rapport aux rapports sociaux de domination.
(4) Ok, on a pas développé un discours propre. Visibiliser nos pratiques, actions de mecs ? Ce qui me dérange dans les discours des fém radicales, c'est qu'ils sont peu visibles dans la ville, qu'il y a peu d'action publiques. ça me gênerait, à Grenoble, que nous on soit visibles, alors qu'elles le sont pas. Je préfererai proposer des actions mixtes tant que les femmes ne sont pas plus visibles. Et place pour un discours ? Poids du fém radical entraîne la difficulté d'avoir un discours propre. Soit on ne fait rien, et c'est une façade, soit on prend de la place, et c'est une auto-valorisation. ex. d'une brochure sur la masturbation; ou présentation de notre démarche.
(3) cf (5). Même ressenti dans le milieu squat: discours de façade ou discours castrateur. Critiques acerbes. Maintenant, je me suis construit un discours personnel avec l'apport des écrits féministes. Avant j'étais gêné pur en parler, peur de tomber dans les deux écueils. ça m'aide de penser de cette façon. C'est mieux vécu de la part des filles, et ça provoque de la peur de la part des copains. J'ai moins un discours passif. ex. Dire que je me sens agressé par les attitudes virilistes, que ça m'apporte d'être avec des filles qui s'expriment de manière forte (ça me gêne d'être avec des filles non-fém), c'est plus facile de construire des choses avec elles. Attitudes critiques/subversives par rapport à mes ami-e-s qui ne sont pas dans ce milieu.
(1) Intéressant ce que tu dis. Je ne me suis jamais senti actif dans le fém. J'ai l'impression que dans ce que tu dis, il commence à y avoir des actions, une mise en avant de ressentis personnels. Ce qui m'intéresse plus, c'est l'action. A Grenoble, dans les échanges avec des femmes, je ne peux que diffuser les adresses des copines, c'est plus efficaces que tout ce que je pouvais dire. Idée d'échanger avec des hommes pour travailler sur notre domination. On peut pas savoir ce que l'action fém a comme impact sur Grenoble, l'émission de radio, les affiches, ... Ce qu'elles font ne s'adresse pas à moi directement, mais en même temps, il y a des femmes qui sont touchées par ça. Si moi je peux faire un truc, c'est pour moi ou avec d'autres hommes. Essayer de développer un discours propre.
PAUSE
(5) Je voulais revenir sur ce que disait (4). Problème de la difusion d'un discours.
(4) Gène, oui, je me pose la question de la pertinence d'un discours vers l'exterieur.
(5) Je me pose la question de ce que l'on fait. En ce moment, j'ai envie de faire passer des choses, pas d'attendre. je trouverai bien de produire un discours propre aux individus pour ammener des personnes à s'interesser au fém. Des discours propres individuels ou en petits groupes. je ne veut pas sepparer ça des influences personnelles du fém. j'ai envie de publiciser ces écrits.
(7) J'ai envie d'avoir une action et un discours envers les ho, pour une deconstruction. Des fe prennent ça en charge envers les fe. cf (3) à propos de l'émancipation et peur de tomber dans des travers, mais c'est mieux que ne rien faire. Ex : formation BAFA. Analyser ce qu'on fait avec les gamin-e-s, aucune perspective genrée de la part des animatrices et teurs. dans ce contexte là, j'ai pointé du doigt la construction genrée des petites filles et des petits garçons. J'ai eu une position pédagogique face à des plus jeunes, face à des filles. Je suis tombé dans certains travers mais je me sentais obligé. J'ai échangé avec le plus de gens. Idée de prudence, de prise en charge par les autres.
SYNTHESE
(7) C'est bien de revenir sur le terme "profém". Mais je m'y reconnais pas forcément. Je vois une utilité à metre en avant une démarche contre le patriarcat. Il faut donner des éléments concrets dans cette lutte. Qu? de trouver dans quelle démarche on se situe. Utilité de spécifier une démarche particulière.
(6) Accord avec (7), (5), mais pas forcément d'accord avec l'urgence à agir : prudence. Sur l'étiquette profém, problème des catégories : que peut-on y faire si des gens mettent tous les profém dans le même sac... Interet de l'étiquette anti-masculiniste, mais le terme est moins connu. Je préfère l'étiquette "contre le patriarcat" qui rassure peut-être plus les féministes. Pour les profém, à part des écrits théoriques, je ne suis pas au courant d'initiatives visibles. Je me sens plus de faire des textes, brochures envers les ho. Je ne me sens pas d'interpeler une fe voilée par ex et de lui dire "tu es alénée".
(7) Peur quant à la critique du profém qui entraîne une paralysie/méfiance de femmes d'autant que le fém est multiple. On sera soupçonné d'être profém/anti-femmes. ex. accueil d'un violeur aux Tanneries (cf. texte sur cet acceuil). Idée de prendre des risques à des moments.
(5) Discussion intéressante car relativise ce que je pensais du profém. OK avec (7) de as tomber dans des trucs sécuritaires, sans prendre de risques. Faire attention. Mais les gesn ici, dans le week end sont dans une posture attentive, en développant une vision propre. Je n'ai pas envie d'attendre.
(4) J'ai bien aimé parlé de ça. J'ai bien aimé l'idée que lance (5) de diffuser nos idées et démarches. Plus les propositions d'écrits et d'actions publiques envers les mecs en général, propositions que (7) a faites, et pas seulement dans notre milieu.
(7) Idée d'écrire un texte de fond. Comment structurer un travail là dessus en commun.
(1) ça m'invite à continuer, à pas attacher d'importance aux étiquettes. C'est quant on arrive à en sortir, qu'on exprime nos démarches, discours, recherches où on peut aller. Phase de discussion sur le termes a peut-être une utilité, mais que c'es au moment où on s'en détache... Importance de consacrer du temps à consacrer du temps à préciser nos démarches, ce qu'on veut faire.
(2) Moins de visée politique... Je me sens plus de développer des moments de vie entre mecs, d'inimité, jeux, choses personnelles. Quand les filles sont en non mixité, j'ai le sentiment que tout s'arrête pour moi. Je projette des choses sur les filles, comme l'attente d'un soutien moral. Dans le profém, ce qui m'intéresse surtout, c'est de vivre avec les mecs, de produire un discours propre, une vie propre aux ICMs. J'a ipas envie de me dire profém, mais comme un individu qui s'articule autant avec les femmes qu'avec les hommes. Nécessité de faire un travail entre mecs.
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AlAni - 26 Mar 2005